Nick Gardel : Droit dans le mur

Hélium

« Droit dans le mur  » de Nick Gardel aux éditions Caïman

Stylo : Un bonheur de retrouver l’écriture de cet auteur après  » Fourbi étourdi  »

Dans cette nouvelle aventure qu’il nous propose dans ce livre, il nous emmène dans la retraite paisible de Michel Marchandeau, ancien vigile, venu restaurer cette petite maison dans les Vosges.
Certes, vous aurez un cours plus précis que Valérie Damido sur le ponçage des volets, mais là où l’auteur est fort, c’est dans le fait de manier la langue française avec dextérité, enchainant comparaison, métaphores et autres subtilités de la langue française pour faire sourire durant votre lecture. Je rêve de lire un livre à quatre mains dans lequel il serait associé à Samuel Sutra, autre spécialiste de ce genre d’écriture, qui nous emmènerait dans un remake des meilleurs films d’Audiard, maître incontesté de ce genre d’écriture.
Poncer des volets n’est pas le sujet de ce livre, mais ça vous servira cet été.
Non loin de sa propriété, il y a la soucoupe, lieu dans lequel les membres d’une secte, dont il vaut mieux appartenir au premier et deuxième cercle, s’adonnent à des rituels bien étrange. Dans le souci du développement de celle-ci, sous l’impulsion d’un ancien nazi reconverti en homme d’affaires, elle a un souci de devoir s’agrandir et donc de devoir racheter les terres environnantes.
Si je vous dis que la propriété de Michel figure parmi celles-ci et qu’il n’est pas d’accord pour la céder, me croirez-vous ?
C’est au travers de cette lutte de territoire que l’auteur vous transporte dans cette valse de répliques et de maitrise de la langue française.
Livre que l’on devrait trouver sur les tables de salle d’attente des médecins et qui, à coup sur, éviterait bien des traitements pour la dépression passagère.
Une histoire simple, mais un travail d’écriture subtil qui fait du bien aux zygomatiques.

« Je l’ai déjà dit, chez les mecs, le point d’impact optimal se situe au niveau de leur entrejambe. On peut s’entraîner à massacrer du poteau de bus avec les tibias, à défoncer de la planche de douze à la main, mais personne ne résiste à un coup ajusté dans les glaouis. »
Mon cuistot s’est plié en deux, pile au-dessus de l’acier qui l’attendait en obélisque. La pointe est rentrée par le menton, a traversé la langue et j’ai dû pousser pour qu’elle perfore le plancher du palais. Le gros a gigoté un peu, pour faire croire à une dernière volonté. Mais il avait clairement la tête ailleurs. Il s’est écroulé d’un coup, en tas amorphe et l’œil vitreux, commençant le décompte de sa date limite de fraîcheur. »

 

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